Offenbach fait son « french Can-Can »

Voici un extrait d’ « Orphée aux enfers » de Jacques Offenbach. Cette musique vous dira forcément quelque chose…

 

 

Et oui ! Le « French Can-can » la plus célèbre des danses de cabaret. Maintenant vous le saurez… le « french can-can » est en réalité une
musique extraite d’une opérette d’Offenbach qui, sans le vouloir est devenu le symbole du « Can-Can » ! 

 

Intéressons-nous plus en détail à ce fameux « Offenbach » et son « Orphée aux enfers » …

 

Offenbach (1819-1880)

 

Offenbach est un compositeur d’opérettes (Spectacle de divertissement mêlant, chant, comédie et danse… en bref l’ancêtre de nos comédies musicales !) du
XIXème siècle. Les œuvres d’Offenbach sont souvent le prétexte pour lancer des piques ou exprimer des critiques. Il en profite pour dénigrer l’organisation politique de la France du second
Empire, ou traitent de la vie sentimentale « tumultueuse » de Napoléon III. Etant très apprécié du public, Offenbach était relativement protégé et intouchable.

Crée le 21 octobre 1858 aux « Bouffes-parisiens », théâtre dont Offenbach était le directeur (également propriétaire du Théâtre de la gaité), Orphée
permit à Offenbach de sauver temporairement son théâtre.

 

L’Œuvre :

 

Offenbach a pris plaisir à détourner la légende d’Orphée et Eurydice dans le but de se moquer des valeurs bourgeoises du Second Empire. Cette œuvre traite des
scènes de ménages, de l’adultère, de mari indigne ; une désacralisation du mythe d’Orphée

 

La véritable histoire d’Orphée et Eurydice :

 

Orphée et Eurydice est le plus célèbre couple de la mythologie grecque. Voici leur histoire :

Eurydice fut, lors de leur mariage, mordue au pied par une vipère. Elle mourut et descendit au royaume des Enfers. Orphée put, après avoir endormi de sa musique
enchanteresse Cerbère, le monstrueux chien à trois têtes qui en gardait l’entrée, approcher le dieu Hadès. Il parvint, grâce à sa musique, à le faire fléchir, et celui-ci le laissa repartir avec
sa bien-aimée à la condition qu’elle le suive et qu’il ne se retourne ni ne lui parle tant qu’ils ne seraient pas revenus tous deux dans le monde des vivants. Alors qu’Orphée s’apprêtait à sortir
des Enfers, il ne put résister à la tentation de contempler sa bien-aimée, et Eurydice disparut définitivement.

 

L’histoire revisitée par Offenbach :

 

Orphée, violoniste, infidèle et prétentieux, voit son épouse Eurydice (avec qui il s’ennuie) se tourner vers le berger Aristée (Pluton, dieu des Enfers, déguisé).
Eurydice meurt accidentellement. Orphée s’en réjouit, mais “l’Opinion Publique” exige de Jupiter de la lui ramener sur terre.

Sur l’Olympe, c’est la révolte ! Tous les dieux se plaignent de la tyrannie et la légèreté amoureuse de Jupiter (à l’image de Napoléon III). Au retour de
Pluton, Jupiter est contraint de libérer Eurydice et de la remettre à son époux venu la chercher. Mais Jupiter a d’autres vues sur la jeune femme.

Alors que suivant la demande Orphée doit quitter le royaume des Dieux sans se retourner, Jupiter déclenche un coup de tonnerre. Orphée surpris, regarde derrière
lui.

Eurydice restera donc auprès de Jupiter comme Bacchante. Ainsi tout le monde est content : Orphée redevient célibataire et Eurydice heureuse de ne pas
retourner avec son époux.

Vous voulez jouer cet air au piano? Voici une petite vidéo trouvée sur internet…